Actualité

Monday's Seminar - Prof. Pierre Gressens

  • Santé-Sciences-Technologie,
  • Recherche,
Date(s)

le 25 mars 2019

From 11h to 12h
Lieu(x)
School of Medicine - Tours
Amphi. C

Dr. Frédéric Laumonnier invites the Prof. Pierre Gressens to share his research and expertise

Rôle de la neuro-inflammation dans la physiopathologie des troubles autistiques

Prof. Pierre Gressens

Pierre Gressens

Pierre Gressens est actuellement directeur de l'UMR1141 "Maladies neurodéveloppementales et neurovasculaires" (Inserm - Université Paris Diderot; CHU Robert Debré) et Professeur associé au Centre for the Developing Brain, KCL, Londres.


Résumé

Des mutations dans plusieurs gènes, des translocations génomiques, et des variations du nombre de copies ont été impliquées dans les troubles autistiques (TA), mais chaque facteur génétique n’est responsable que d’une petite fraction de cas. En outre, il est évident que les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la pathogenèse des TA. Il est donc essentiel de développer et caractériser de nouveaux modèles des TA qui intègrent les facteurs environnementaux impliqués dans l'augmentation de l'incidence des TA et d'élucider les mécanismes moléculaires par lesquels ils conduisent à un phénotype de TA. Cela nous permettrait de mettre en évidence l’existence de mécanismes communs par lesquels les facteurs environnementaux modulent les facteurs génétiques, ce qui devrait conduire à un meilleur dépistage des patients à risque et à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Un facteur environnemental fortement associée aux TA est la naissance prématurée, les bébés prématurés ayant un risque 10 fois plus élevé de développer des TA comparé à des enfants nés à terme. Les mécanismes physiopathologiques sous-jacents ne sont pas connus mais différents éléments ont émergé dans de la littérature, nous permettant de formuler ensuite des hypothèses : i) la naissance prématurée spontanée se déroule le plus souvent dans un contexte de chorioamniotite conduisant à un syndrome inflammatoire fœtal et néonatal ; ii) différentes équipes ont montré un lien expérimental entre inflammation fœtale et développement ultérieur de signes comportementaux compatibles avec les TA ; iii) les gènes identifiés dans l’autisme codent pour plusieurs d’entre eux pour des protéines synaptiques suggérant fortement que les TA sont des maladies de la connectivité et du fonctionnement synaptique ; iv) des travaux récents ont démontré que les cellules microgliales (macrophages du cerveau) sont essentielles pour la maturation synaptique normale ; v) les modèles animaux ont permis de montrer que ces cellules microgliales s’activaient fortement en cas d’inflammation périnatale, cette activation massive ayant un impact potentiellement délétère sur la production and stabilisation synaptiques ; vi) il existe de plus en plus de preuves de l'implication spécifique du cervelet dans les TA ; vii) chez l'homme, il y a une croissance rapide du cervelet durant le troisième trimestre qui est perturbée par un accouchement prématuré .

Une hypothèse originale basée sur ces différents éléments de preuve propose que la neuroinflammation chez les prématurés dérégule le développement normal du cerveau, incluant la modulation par la microglie du développement des synapses, ce qui conduit à des troubles du comportement tels qu’observés dans les TA. Ces anomalies du développement cérébral induites par la neuroinflammation périnatale toucheraient différentes structures cérébrales mais en particulier le cervelet et le télencéphale.

Contact :
Dr. Frédéric Laumonnier :